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Démission, rupture conventionnelle ou congé création : comment partir ?

Démission, rupture conventionnelle ou congé création : comment partir ?

Créer son entrepriseMis à jour le 05/10/2026Lecture : 5 min

Démission, démission pour projet, rupture conventionnelle ou congé création : comparez les options selon vos droits au chômage et vos risques.

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Démission, rupture conventionnelle ou congé création : comment partir ?

Votre projet est mûr et vous souhaitez vous y consacrer pleinement. Reste une question décisive : comment quitter votre emploi ? Selon la voie choisie, vous pourrez ou non percevoir des allocations chômage, bénéficier d’aides à la création, ou conserver la possibilité de revenir dans votre entreprise. Voici un comparatif pour faire un choix éclairé, en gardant à l’esprit que les règles de l’assurance chômage sont régulièrement modifiées et qu’un échange avec France Travail reste indispensable avant toute décision.

Les critères qui doivent guider votre choix

Avant de comparer les options, clarifiez votre situation sur quatre points :

  • Votre besoin de revenus pendant les premiers mois : disposez-vous d’une épargne de précaution ?
  • Le degré de maturité du projet : s’agit-il d’un test ou d’un lancement à plein temps déjà validé ?
  • Votre relation avec l’employeur : est-il ouvert à une négociation ?
  • Le besoin de financement : une partie de vos droits au chômage pourrait-elle financer le démarrage ?

La démission « classique » : simple mais sans filet

La démission ne nécessite l’accord de personne : il suffit d’exprimer clairement votre volonté de quitter l’entreprise et de respecter le préavis prévu par votre contrat ou votre convention collective. C’est la voie la plus rapide.

Son inconvénient majeur : en principe, une démission n’ouvre pas droit aux allocations chômage, sauf cas de démission considérée comme légitime par les règles de l’assurance chômage. Vous démarrez donc sans revenu de remplacement, et vous ne pourrez pas non plus solliciter l’ARCE. Cette option convient surtout à ceux qui disposent d’une épargne suffisante ou d’un projet qui génère rapidement du chiffre d’affaires.

Attention : l’abandon de poste n’est pas une alternative. Depuis 2023, un salarié qui abandonne volontairement son poste et ne reprend pas le travail après mise en demeure peut être présumé démissionnaire, ce qui le prive en principe d’indemnisation.

La démission pour projet de création d’entreprise

Depuis la réforme de 2018 sur la formation professionnelle et l’assurance chômage, un salarié peut, sous conditions, démissionner pour créer ou reprendre une entreprise tout en ouvrant droit aux allocations. Le dispositif est exigeant :

  1. justifier d’une durée d’activité salariée continue de plusieurs années (de l’ordre de cinq ans) ;
  2. bénéficier, avant de démissionner, d’un conseil en évolution professionnelle pour formaliser le projet ;
  3. obtenir l’attestation du caractère réel et sérieux du projet par la commission paritaire interprofessionnelle régionale (Transitions Pro) ;
  4. démissionner, puis s’inscrire auprès de France Travail dans le délai prévu ;
  5. justifier ensuite de la réalisation des démarches de création.

L’ordre des étapes est essentiel : une démission présentée avant l’accord de la commission ferait perdre le bénéfice du dispositif. Les conditions détaillées sont publiées sur le site de France Travail et sur service-public.fr.

La rupture conventionnelle : la voie négociée

La rupture conventionnelle permet à l’employeur et au salarié de mettre fin d’un commun accord à un contrat à durée indéterminée. Elle suppose un ou plusieurs entretiens, la signature d’une convention, un délai de rétractation de quinze jours calendaires, puis une homologation par l’administration.

Ses atouts pour un créateur sont réels :

  • une indemnité spécifique au moins égale à l’indemnité légale de licenciement ;
  • l’ouverture des droits au chômage si vous remplissez les conditions d’affiliation ;
  • la possibilité de choisir entre le maintien des allocations cumulé avec vos revenus d’entrepreneur, ou l’ARCE, versement en capital d’une partie de vos droits ;
  • l’éligibilité à l’ACRE pour les demandeurs d’emploi indemnisés, selon les conditions en vigueur.

Sa limite : elle n’est jamais un droit. L’employeur peut refuser, et aucune des parties ne peut l’imposer. Présentez votre demande de manière constructive, en proposant par exemple d’organiser la transmission de vos dossiers. Les règles d’indemnisation et le régime social de l’indemnité évoluent régulièrement : vérifiez-les au moment de négocier.

Le congé pour création d’entreprise : partir sans tout quitter

Le congé pour création ou reprise d’entreprise suspend votre contrat sans le rompre. Vous ne percevez ni salaire ni allocation chômage pendant cette période, mais vous retrouvez à son terme un emploi similaire. C’est l’option la plus sécurisante pour tester un projet, à condition de pouvoir vivre sans revenu pendant le congé. Sa durée, l’ancienneté requise et la procédure sont fixées par accord collectif ou, à défaut, par les règles supplétives du Code du travail.

À l’issue du congé, si votre entreprise fonctionne, vous pouvez quitter définitivement votre emploi, selon les modalités prévues par le Code du travail.

En résumé : les quatre options comparées

  • Démission simple : rapide, sans accord, mais sans chômage ni ARCE.
  • Démission pour projet : chômage possible, mais conditions d’ancienneté et procédure préalable stricte.
  • Rupture conventionnelle : indemnité et chômage, mais accord de l’employeur indispensable.
  • Congé création : retour garanti, mais aucun revenu pendant le congé.

Quel que soit votre choix, préparez les formalités en parallèle pour démarrer dès votre départ. Vous pouvez constituer votre dossier en ligne avec FORMALITES ENTREPRISES depuis la page création d’entreprise, puis choisir le moment de son dépôt.

Questions fréquentes

Puis-je créer mon entreprise pendant mon préavis ?

Oui, en principe, à condition de respecter votre obligation de loyauté et vos éventuelles clauses d’exclusivité et de non-concurrence. Évitez toute activité concurrente de votre employeur tant que le contrat court.

Faut-il s’inscrire à France Travail avant de créer l’entreprise ?

Pour bénéficier de certaines aides, l’ordre des démarches compte. Il est généralement recommandé de s’inscrire et de faire valider ses droits avant l’immatriculation ; renseignez-vous auprès de votre conseiller.

Maintien des allocations ou ARCE : que choisir ?

Le maintien sécurise un revenu mensuel tant que l’activité est faible ; l’ARCE apporte un capital utile pour investir. Votre prévisionnel vous aidera à trancher.

Besoin d’aide pour cette démarche ? Nos experts en formalités s’occupent de votre dossier de A à Z, en ligne.

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